L'édito IT - 15 Octobre 2009
Les dangers de l'auto-information
Chacun connaît les dangers de l’automédication : diagnostics hasardeux, prescriptions aléatoires, dosages approximatifs, etc. On découvre aujourd’hui les risques de « l’auto-information », pratique facilitée par l’accès direct, via Internet, à une masse de données illimitée. Paradoxalement, ce progrès technologique réel redonne une vraie valeur aux rencontres physiques et aux échanges en « one to one ». Ces rendez-vous personnalisés font désormais gagner un temps précieux et permettent de ne pas s’égarer dans les « fausses pistes », voire les « impasses », qui naissent d’un excès d’échanges impersonnels. L’histoire (on devrait dire la « blague ») qui suit rappelle comment les tendances s’auto-alimentent à partir de rien.
L’histoire est donc celle (au hasard) d’un responsable marketing de l’industrie informatique et télécoms, qui décide d’aller vivre dans un coin perdu du Canada. Mais même s’il désire vivre en ermite dans une contrée quasi désertique, l’ancien cadre ne perd pas ses vieux et bons réflexes : il coupe bien plusieurs stères de bois, mais il va demander au chef de la réserve indienne voisine comment il doit se préparer à l’hiver.
Le chef indien lui répond laconiquement que « l’hiver devrait être rude ». Écoutant ces conseils, le responsable marketing coupe à nouveaux du bois pour doubler son stock de bûches.
Un jour que le chef indien lui rend visite, il lui repose la question. Cette fois, la prévision est plus nette : « l’hiver sera très rude ». Notre néo-rural décide donc de doubler à nouveau sa réserve de bois. Au fil des rencontres entre les deux hommes, il semble que l’hiver s’annonce chaque fois de plus en plus rude. Le responsable marketing ne sait plus où entreposer les dizaines et les dizaines de stères qu’il a débitées.
Quelques jours avant le changement de saison, alors qu’il ne reste plus beaucoup d’arbres debout sur sa parcelle, l’ex manager rend à nouveau visite au vieux chef indien pour avoir une réponse à cette question qui le taraude : comment peut-il deviner que l’hiver sera très très très rude ?
Comme il lui pose la question, le vieil indien lui répond en souriant : « parce que quand l’homme blanc coupe beaucoup, beaucoup, beaucoup de bois, c’est que l’hiver sera très très très rude ».
Il suffit de remplacer le chef indien par un consultant ou un journaliste pour comprendre pourquoi on a trop souvent entendu, à tort, que l’année serait « très très très rude » pour le marché IT.
Plus vous ferez de rencontres lors du prochain salon IT Partners, mieux vous pourrez échapper à ce type « d’auto-intoxications »…
Pascal Boiron
L’histoire est donc celle (au hasard) d’un responsable marketing de l’industrie informatique et télécoms, qui décide d’aller vivre dans un coin perdu du Canada. Mais même s’il désire vivre en ermite dans une contrée quasi désertique, l’ancien cadre ne perd pas ses vieux et bons réflexes : il coupe bien plusieurs stères de bois, mais il va demander au chef de la réserve indienne voisine comment il doit se préparer à l’hiver.
Le chef indien lui répond laconiquement que « l’hiver devrait être rude ». Écoutant ces conseils, le responsable marketing coupe à nouveaux du bois pour doubler son stock de bûches.
Un jour que le chef indien lui rend visite, il lui repose la question. Cette fois, la prévision est plus nette : « l’hiver sera très rude ». Notre néo-rural décide donc de doubler à nouveau sa réserve de bois. Au fil des rencontres entre les deux hommes, il semble que l’hiver s’annonce chaque fois de plus en plus rude. Le responsable marketing ne sait plus où entreposer les dizaines et les dizaines de stères qu’il a débitées.
Quelques jours avant le changement de saison, alors qu’il ne reste plus beaucoup d’arbres debout sur sa parcelle, l’ex manager rend à nouveau visite au vieux chef indien pour avoir une réponse à cette question qui le taraude : comment peut-il deviner que l’hiver sera très très très rude ?
Comme il lui pose la question, le vieil indien lui répond en souriant : « parce que quand l’homme blanc coupe beaucoup, beaucoup, beaucoup de bois, c’est que l’hiver sera très très très rude ».
Il suffit de remplacer le chef indien par un consultant ou un journaliste pour comprendre pourquoi on a trop souvent entendu, à tort, que l’année serait « très très très rude » pour le marché IT.
Plus vous ferez de rencontres lors du prochain salon IT Partners, mieux vous pourrez échapper à ce type « d’auto-intoxications »…
Pascal Boiron



